Contre la privatisation d’ADP, des solutions existent !

 

 

10 ans. C’est le temps qui a suffi aux groupes privés, par la simple augmentation des dividendes, pour se rembourser intégralement des 15 milliards d’euros qu’ils avaient dépensé pour racheter les parts de l’État dans les sociétés autoroutières. Une bonne affaire pour ces entreprises, évidemment, mais pas pour l’État et encore moins pour les citoyens.

Les citoyens, justement, n’ont pas oublié – c’est un des sujets du mouvement des gilets jaunes – comment cette privatisation des autoroutes s’est transformée en véritable aubaine pour les repreneurs, qui ont pu augmenter la durée du bail, relever les tarifs des péages sans pour autant assurer les investissements nécessaires.

Pourtant, le Gouvernement actuel s’apprête à reproduire les mêmes erreurs, avec la privatisation du groupe Aéroports de Paris. Celle-ci est actuellement en discussion au Parlement, malgré notre mobilisation et celle de nombreux élus inquiets pour leurs territoires.

Le groupe ADP constitue, en effet, un acteur majeur de l’Île-de-France. Il gère les zones aéroportuaires de Roissy, d’Orly ou encore du Bourget. Il constitue le premier pôle d’emploi francilien et chacun connait les impacts environnementaux, sociaux et économiques qui sont liés au trafic aérien.

A l’heure du Grand Paris, des grands défis d’aménagement franciliens dont nous débattons continuellement, nous ne pouvons perdre la maîtrise publique d’un outil pourtant essentiel de l’aménagement, de la cohérence comme de l’organisation de nos territoires.

C’est ce qui nous conduit à accentuer notre pression pour faire reculer l’État sur cette privatisation. Mais si celle-ci devait être confirmée, il nous faut obtenir des garanties s’assurant que l’intérêt général ne s’efface pas derrière la seule logique de rentabilité.

Des solutions existent !

Par exemple, l’éventuel désengagement de l’État devrait-être impérativement compensé par une présence d’autres acteurs publics dans le capital et la gouvernance de cette entreprise. Le gouvernement doit donc donner aux collectivités locales, les moyens de constituer une minorité de blocage au sein du capital d’ADP pour empêcher toutes décisions qui soit contraires à l’intérêt général.

Si aujourd’hui l’État veut reproduire les mêmes erreurs que lors des privatisations des autoroutes, battons-nous ensemble pour en limiter les effets.