Interpellation sur les violences policières

Lors de la dernière séance plénière du Conseil régional d’#iledefrance, j’ai posé au nom du groupe « Ensemble, l’Ile-de-France », une question orale sur les #violencespolicières mettant l’accent sur la dégradation de la confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens.

Vous en trouverez le verbatim ci-dessous.

« Madame la Présidente,

Mes chers collègues,

La solidité de la promesse républicaine se fonde sur la confiance.

Celle qui relie les citoyens envers nos institutions. Ces institutions justement, ont été largement éprouvées ces derniers mois et le regard qui peut être porté sur elles, a pu changer. Les franciliens ont ainsi été nombreux à applaudir les personnels de santé à leurs fenêtres, et aujourd’hui c’est 87% de nos concitoyens qui expriment leur pleine confiance envers eux.

En 2015, au lendemain des attentats, ce sont les forces de l’ordre qui avaient bénéficié d’une reconnaissance collective. Mais cinq ans plus tard, 1 français sur 3 selon une récente étude du CEVIPOF n’a plus confiance en la police. Cette profonde dégradation de la perception qu’ont les Français vis-à-vis des agents qui les protègent, ne doit pas être tue. Elle est une préoccupation collective et commune.

Ce n’est pas le problème de la police, c’est celui de la République. Et donc aussi un sujet pour notre collectivité.

Il nous appartient de nous interroger sur les ressorts qui peuvent conduire à un tel ressentiment.

Il est évident que l’augmentation des violences policières, notamment lors de la mobilisation des Gilets Jaunes, a pu contribuer à dégrader l’image des forces de l’ordre.

L’existence de comportements racistes relevés par le Défenseur des Droits dans sa décision du 12 mai ne peuvent que nourrir cette défiance.

Dans notre région, nous constatons que les accrochages violents se banalisent lors d’intervention policière, et rares sont les mois où ne se produisent pas de drames, immédiatement entourés de doute sur les responsabilités de chacun.

Dans nos quartiers populaires, là où la misère sociale touche aussi les commissariats, des dérives se font trop souvent jour alors même que le devoir d’exemplarité devrait y être le plus fort.

Tous ces éléments dégradent de manière puissante et inquiétante, la relation entre la police et les citoyens. Ils concourent certainement à l’ampleur des mobilisations actuelles.

Sur ces faits, nous ne devons détourner notre regard. Il faut rompre les trop nombreux silences. Nous ne pouvons laisser s’installer une fracture profonde entre la population et ceux qui ont la responsabilité de la protéger.

Ce ne serait rendre service ni à la République, ni même à la police qui souffre de cette mauvaise image.

Dès lors, madame la Présidente, dans la mesure où notre collectivité entretient des relations avec la préfecture de police, quelles initiatives comptez-vous prendre pour lutter contre le racisme et les violences au sein de la police nationale ?

Comment comptez-vous agir pour participer au rétablissement du lien de confiance entre les forces de l’ordre et nos concitoyens, et permettre ainsi que la mission de la police s’exerce convenablement ?

Je vous remercie. »