La triple dette Pécresse

Intervention en séance du Conseil régional du 24 septembre 2020

Madame la présidente,

Vous qui aimez les propriétaires, vous savez que l’achat d’un bien est quelques fois l’affaire de déconvenue.

A peine le bail signé, vous vous apercevez que des décisions ont été prises sans votre accord, que de multiples travaux doivent être financés à la suite des décisions préalables de la copropriété, ou que d’autres n’ont jamais été engagés au point de rendre votre immeuble pratiquement insalubre.

En Ile-de-France, ces tristes acheteurs, ce sont les franciliens. Le vendeur indélicat, c’est vous. Et permettez-moi de l’illustrer.

Vous venez de sceller un accord avec l’Etat, pour répondre à la situation difficile d’Ile-de-France Mobilité.  « Avances remboursables ».  Le mot est sympathique mais conduit à différer un remboursement régional à une dette d’1 milliard d’euros, à l’après 2023. C’est amusant, à cette date, vous ne serez plus là pour l’assumer.

Il y a d’ailleurs chez vous, un fétichisme des dates. Rien n’existe en matière financière avant 2021, c’est-à-dire à la fin de votre mandat. L’année zéro de l’action régionale a duré 5 ans. Tout impact financier, lui, n’a de sens qu’après votre prochaine défaite.

J’en veux pour preuve, l’accord que vous avez passé avec les propriétaires de notre nouveau siège régional. Ne serait-ce que pour l’immeuble Influence 1, c’est une augmentation du loyer de 71% qui interviendra en 2021. Pour la Chambre régionale des Comptes, en 12 ans c’est plus de 5OOM€ de charges supplémentaires qui devront être assumées pour les franciliens.

Ainsi donc, vous reportez vos dettes pour ne pas avoir à les assumer. Elles ne figureront pas dans vos bilans financiers mais il nous faudra demain, nous les Franciliens, les régler.

« Nous vous devons beaucoup plus » n’aura donc pas été un simple slogan de campagne, il aura été aussi l’épitaphe de votre mandat.

J’ai parlé de votre dette financière que vous allez léguer aux franciliens. Mais la dette la plus importante que vous allez laisser c’est celle qui ne se rattrape pas : la dette sociale et la dette écologique. Sur ces derniers points, votre inaction a conduit à déprécier la valeur de notre région. Et à la mettre en danger pour l’avenir.

Comme tous les Franciliens qui souhaitent s’approprier l’institution régionale, ma question est donc simple : De quelle façon allez-vous assumer devant les franciliens cette triple dette, financière, écologique, et sociale ?