Les Français et l’application StopCovid

Les Français et l’application StopCovid

Note et sondage publiés pour le compte de la Fondation Jean Jaurès

Devons-nous tendre vers le « tracking » afin d’endiguer l’épidemie lorsque nous sortis sortis du confinement ? Pour Maxime des Gayets, spécialiste du numérique pour la Fondation, la polémique actuelle sur la mise en place d’un dispositif de traçabilité des citoyens par le gouvernement donne l’impression de nous faire tourner en rond, et nous éloigne d’un débat nécessaire et surtout rationnel autour des libertés publiques.

I – Les Français et l’application StopCovid 

En revenant auprès des Français sur les différentes mesures restrictives qui pourraient être mise en œuvre pour réduire la pandémie, l’étude de la Fondation Jean-Jaurès réalisée par l’Ifop[1] nous offre son lot de confirmations et de révélations. Découvrez les résultats complets de l’enquête PDF, 915.29K

Tout d’abord, elle témoigne que dans cette période exceptionnelle, nos concitoyens sont prêts à soutenir des dispositions leur incombant des obligations nouvelles. Il en est ainsi de la prescription du port du masque dans l’espace public soutenue par 79 % des personnes interrogées, de manière assez homogène suivant la classe d’âge ou la proximité partisane. Mais aussi des restrictions de sortie pour pratiquer son jogging dont le niveau d’acception est globalement important (68 %), et particulièrement fort en région Île-de-France (78 %) où un arrêté a été pris à Paris en ce sens.

Si de précédentes études[2] laissaient percevoir une disponibilité collective à l’adoption de dispositif mobile de traçabilité (tracking), c’est une image tout autre qui est aujourd’hui renvoyée par les récentes données dont nous disposons.

Une majorité des répondants (53 %) affirme ainsi être opposée, personnellement, à ce que les autorités sanitaires puissent rendre obligatoire l’installation d’une application chez tous les détenteurs de téléphones portables. C’est selon la proximité partisane que cette opinion évolue, l’électorat de gauche y étant fortement opposé – 75 % des sympathisants de La France insoumise (LFI) et 57 % des sympathisants Parti socialiste (PS) / divers gauche (DVG) – quand, à l’inverse, les personnes se déclarant proches des Républicains (LR) ou de La République en marche (LREM) y sont majoritairement favorables – 62 % pour les sympathisants LREM, 56 % pour sympathisants LR.

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