Pécresse tourne le dos aux franciliens

Lors de la séance plénière du 11 juin 2020, nous devions nous prononcer sur le dernier compte administratif soumis au vote dans la mandature et sur Plan de relance pour répondre à la crise actuelle. Le document budgétaire venant sanctionner l’exercice 2019, a confirmé l’effacement des politiques régionales depuis 2015.

Comme le relevait encore la Chambre régionale des comptes en février dernier, c’est près d’un milliard de dépenses d’investissement qui n’auront pas été exécutées par la majorité régionale depuis sa prise de responsabilité. Concrètement, ce désengagement a conduit à un sous-investissement de 150 millions d’euros dans le domaine du logement, par exemple, soit l’équivalent du financement de 20.000 logements sociaux, à la diminution de l’effort en direction des quartiers populaires, à l’abandon des acteurs associatifs. 

Alors même que la collectivité francilienne a bénéficié d’un montant de recettes inégalé (+250 millions d’euros par rapport au budget primitif), le seul volontarisme de Valérie Pécresse aura été d’opérer un remboursement anticipé de l’emprunt aux banques, pour 100 millions d’euros. Plutôt que de mobiliser ces ressources pour amplifier les politiques publiques. 

Son annonce d’un plan de relance d’un montant d’1,3 milliards d’euros, pouvait laisser espérer que la Présidente de région choisisse enfin d’agir, pour sa dernière année de mandat. 

Mais le rapport présenté a constitué une nouvelle illustration du décalage entre la communication régionale et les moyens réellement engagés. Il manque, en effet, 800 millions d’euros au 1,3 milliard d’euros revendiqués par la droite régionale. Les principales actions annoncées se bornent à acter la participation régionale aux dispositifs de l’État ou des autres collectivités sans aucune mesure spécifique et massive permettant de répondre aux besoins des Franciliens. Ce plan de relance n’a même pas l’ambition d’un plan de rattrapage ! 

Pour être à la hauteur de la situation de nos territoires, le groupe Ensemble, Ile-de-France a porté des propositions concrètes pour investir massivement pour l’emploi, pour protéger notre tissu industriel, relever le défi de la construction et de la rénovation des logements, soutenir les acteurs de la culture et de l’ESS et accélérer la transition écologique.

Las ! La droite régionale reste incapable de sortir de son obsession austéritaire. Son inaction ne permet ni de réduire les fractures territoriales, ni de protéger durablement les Franciliens. C’est un nouveau rendez-vous manqué.