Socialistes, le chemin de la renaissance

 

 

Cher(e) camarade,

Nous nous présentons devant toi rassemblés pour conduire ensemble la renaissance du Parti Socialiste. Nos combats et nos valeurs restent d’actualité. Si nous voulons prolonger cette histoire nous devons profondément changer : changer nos pratiques et notre organisation, inventer un nouveau Parti Socialiste, mais aussi inventer de nouvelles réponses face aux inégalités et aux injustices sociales, aux défis du futur pour la planète et pour l’humanité.

Nous sortons d’une déroute historique qui nous a collectivement ébranlés. La sanction a été sévère. Nous pourrions la penser injuste, d’abord pour tous les militants et pour les élus locaux et nationaux qui se sont donnés corps et âmes à leur mandat. Mais les citoyens arbitrent et font des choix. Si les Français nous ont désavoués, c’est parce qu’ils ne discernaient plus notre capacité à répondre à leurs attentes et à exercer efficacement le pouvoir.

La politique a horreur du vide et d’autres offres sont venues occuper l’espace que nous avions abandonné. Mais la défaite de 2017 n’est pas que conjoncturelle, elle vient de loin ; elle n’est pas une parenthèse, aucune bulle n’éclatera pour rétablir le paysage politique antérieur. Nous devons reconquérir notre place.

A quoi doit servir notre congrès ?

Ce congrès n’est pas encore celui du projet. Personne ne croirait que nous allons refonder notre doctrine en quelques mois et qu’une motion y suffirait. Nous devons prendre le temps d’écouter les Français et de travailler sérieusement.

Ce congrès doit ouvrir un nouveau cycle, qui conduira à notre renaissance. Aubervilliers doit être le point de départ d’une nouvelle aventure collective et entamer un processus de reconstruction idéologique, programmatique, organisationnelle, avec un préalable :

le premier changement à opérer c’est celui des comportements.

Aubervilliers doit être le congrès de la confiance entre nous et de la fraternité retrouvée.

La confiance d’abord : les années passées ont mis à rude épreuve notre solidarité. Ce qui doit être clair, c’est que désormais, celles et ceux qui participeront à la reconstruction doivent s’engager à le faire dans la loyauté. Nous ne demandons pas aux camarades d’où ils viennent, mais où ils vont. On ne peut pas être et dedans et dehors. Chacun doit avoir le courage d’assumer ses convictions – toutes sont légitimes- mais le Parti Socialiste est le parti des Socialistes.

La fraternité ensuite : démontrons notre envie du travail commun, retrouvons le goût de militer ensemble, le plaisir de débattre en respectant ensuite la décision collective. Il n’y a pas de force en politique sans solidarité.

 

Quels sont nos objectifs sur les trois prochaines années?

  • Incarner dans le pays une opposition de gauche crédible et responsable, une gauche à la fois de gouvernement et de transformation sociale. Il y a une gauche radicale qui n’est pas de gouvernement et un gouvernement qui n’est pas de gauche.
  • Rassembler notre famille politique, aujourd’hui dispersée, et redevenir en voix le premier parti de gauche à l’issue du cycle électoral 2019-2020-2021.
  • Passer des combats au projet et être prêts, en 2021, à proposer à nos concitoyens une nouvelle ambition et une vision de l’avenir. Nous n’avons pas vocation à être une opposition parmi les autres mais à devenir l’alternative.

Dans un monde nouveau, celui de la transition écologique, de la mondialisation, du capitalisme financiarisé, du numérique et de l’individu, naissent des inégalités nouvelles, qui appellent des combats nouveaux et des solutions elles-mêmes nouvelles. Pour les porter, nous avons besoin d’un nouveau Parti Socialiste qui place au cœur de son identité la passion de l’égalité, un parti européen, écologiste, féministe, qui défend la place du travail, porte les principes de la République, et propose un chemin d’émancipation pour toutes et tous.

Notre parti doit être de nouveau une ruche, où l’on a plaisir à militer ensemble et où s’inventent des solutions nouvelles. Le PS doit devenir un parti-plateforme, ouvert à toutes et tous, un laboratoire collectif, une fabrique d’expérimentations. Le PS doit être un outil au service de ses adhérents et à leur écoute, un parti de proximité ancré dans les territoires, en métropole et outre-mer, qui sait épauler les initiatives locales de refondation et de reconquête.

Que voulons-nous faire ? Rassembler les énergies dans la fraternité et le collectif retrouvé, unir les forces issues de toutes les générations et de toutes les histoires, pour redonner au PS une âme, en faire le carrefour des espérances et le parti des solutions.